Articles taggés avec ‘biographie’

Alphonse Allais a fait croire à beaucoup que la vie était drôle

Jeudi 20 août 2009

Normand par sa mère et breton par un ami de son père, comme il disait, Alphonse Allais, mort voici un siècle, est un des auteurs les plus pillés parmi les écrivains français.

Né le 20 octobre 1854 à Honfleur (Calvados), le même jour qu’Arthur Rimbaud, à qui il a laissé le génie pour s’emparer de l’humour, “Alphi” est mort le 28 octobre 1905 à Paris.

“Plusieurs fois par semaine, disait l’académicien Maurice Donnay, il a distribué de la joie à des milliers de lecteurs. Dans le métro, les omnibus, la rue, on entendait cette phrase: +avez-vous lu celui de ce matin?+. Il s’agissait de l’article d’Allais et, pendant quelques instants, ces humbles gens avaient pu croire, effectivement que la vie était drôle”.

“Allais, celui qui ira”, avait justement prédit Alfred Jarry en 1899. De fait, il a influencé beaucoup d’auteurs: Jules Renard, Sacha Guitry, Jean Cocteau, Jacques Prévert ou Raymond Queneau.

Alexandre Vialatte, Pierre Dac, Raymond Devos et Pierre Desproges s’en sont également inspiré et Serge Gainsbourg l’a plagié avec “L’ami Cahouète”. Ce n’est pas pour rien qu’on l’a surnommé “la vache Allais” (même s’il préférait des boissons plus fortes).

Ses amis, faisant partie de la “Comète de Allais”, ont rendu hommage à la mémoire de ce dilettante absolu lundi à Montmartre, lors d’une soirée pleine de blagues et de calembours.

Ce fut l’occasion de rappeler ses inventions destinées à faciliter la vie des gens: construire les villes à la campagne pour mieux profiter du bon air, fabriquer du coton noir pour les oreilles des personnes en deuil, des casseroles carrées pour empêcher le lait de tourner, des aquariums en verre dépoli pour les poissons timides ou des balayeuses municipales à papier buvard pour assécher les rues après la pluie.

Il militait aussi pour lancer des obus chargés de poil à gratter ou récupérer des énergies perdues tel le mouvement oscillatoire du bras gauche au sein des troupes en marche.

Le centenaire permet de le (re)lire, de découvrir qu’il n’était pas qu’un plaisantin: son oeuvre, qui compte beaucoup de cadavres, évoque parfois l’angoisse de la solitude (comme dans “Absinthes”).

L’homme qui disait “Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue” a sans doute été victime d’une image d’auteur “rigolo”. “Quand donc voudra-t-on admettre (en France) que les grands écrivains peuvent être des écrivains gais?”, demande François Caradec en préface des deux volumes que la collection “Bouquins” consacre à l’auteur de “On n’est pas des boeufs”, “L’affaire Blaireau” ou “Le Captain Cap”.

Alphonse Allais débute dans le journalisme à 20 ans en publiant ses premières “fantaisies” dans le journal humoristique “Le tintamarre”. Il écrit ensuite dans de petites feuilles du Quartier latin comme “L’hydropathe” ou “L’anti-concierge”, s’installe à Montmartre, collabore au “Chat noir” puis à des journaux comme “Gil Blas”.

Les deux volumes de “Bouquins” (éd Robert Laffont) s’intitulent “Oeuvres anthumes” (1.186 pages et 27 euros) et “Oeuvres posthumes” (934 pages et 25 euros), écrites pourtant de son vivant! Ce dernier ouvrage rassemble les meilleurs contes, “fantaisies” et chroniques parmi les 1.300 parus dans la presse de 1877 à 1905.

D’autres livres sont parus pour le centenaire: une anthologie chez Horay, un malicieux “atlas de l’Allaisie” par Patrice Delbourg chez Ecriture (intitulé: “Comme disait Alphonse Allais”) ainsi que, chez Gallimard, ses Poésies complètes où l’on voit ce que les pataphysiciens doivent à ce déconstructeur de langage, logique jusqu’à l’absurde.

source :
AFP

Gagner argent !

Talleyrand Ou le Cynisme de Castelot Andre

Jeudi 20 août 2009

Charles Maurice Talleyrand Périgord Évêque sous l’Ancien Régime, député en 1789, diplomate sous l’Assemblée législative, ministre des Relations extérieures sous le Directoire et l’Empire, ministre des Affaires étrangère sous la Restauration, et même président du conseil en 1815, et enfin ambassadeur à Londres sous la Monarchie de Juillet, le parcours de Talleyrand est fascinant d’intelligence politique. Il est, en outre, une suite ininterrompue de trahisons (contre le clergé, contre Napoléon, contre Charles X) et de reniements perpétuels pour réussir à s’accrocher au pouvoir et s’évertuer, quoi qu’il arrive, à durer.

“le diable boiteux” comme le nommait Napoléon est pour moi un des personnages de l’ de France le plus intéréssant. Durant tout ca carrière il travailla pour son seul profit, mais il arriva que a chaque fois c’etait également au plus grand profit de la nation francaise.

Cette de Andre Castelot est pour moi la plus vivante, nous parcourons la vie de cet enigmatique personnage.

Mais qui etait donc Charles Maurice Talleyrand Périgord ?

Talleyrand (1754-1838), homme d’État et diplomate français, qui se distingua lors de la Révolution française et des guerres napoléoniennes, et joua un rôle déterminant lors du congrès de Vienne. Né le 2 février 1754 à Paris dans une illustre famille de la noblesse, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord se destinait à l’armée. Devenu boiteux à la suite d’un accident, il fut contraint d’y renoncer et, bien que sans vocation, s’orienta vers une carrière ecclésiastique largement facilitée par ses origines aristocratiques. Agent général du clergé de France à vingt-deux ans (1780), il continua à jouir à Paris de la « douceur de vivre » comme il l’écrivit dans ses mémoires, avant qu’il ne devienne évêque d’Autun en 1788.

Élu député de son ordre aux états généraux (1789), il adopta la cause de la révolution. Proche de Mirabeau, il se prononça dès le début des séances pour la réunion des trois ordres et joua un rôle décisif à l’Assemblée constituante dans la nationalisation des biens du clergé. Lors de la fête de la Fédération nationale (14 juillet 1790), il célébra la messe au Champ-de-Mars, invitant les prêtres de son diocèse à prêter serment à la constitution civile du clergé. Devenu chef du clergé constitutionnel, il fut déclaré schismatique par le pape et excommunié. Il renonça à la dignité épiscopale et se sépara peu après de l’Église. Sous l’Assemblée législative débuta pour lui une longue carrière diplomatique. Sa première mission le conduisit à Londres où il fut envoyé pour obtenir la neutralité de l’Angleterre. Adjoint de l’ambassadeur, il fut accusé, après le 10 août 1792, d’avoir intrigué pour le duc d’Orléans et compromis par la découverte des papiers secrets de Louis XVI. Ayant tenté en vain de se disculper, il repartit pour la Grande-Bretagne en septembre 1792, fut mis sur la liste des émigrés et tomba sous le coup d’un décret d’arrestation de la Convention. Expulsé d’Angleterre en 1794, il s’expatria aux États-Unis d’où il revint en 1796 avec sa maîtresse, madame Grand, qu’il épousa en 1803. Rayé de la liste des émigrés, bénéficiant d’un soutien de poids en la personne de Germaine de Staël, il fut nommé au poste de ministre des Relations extérieures par Barras, poste qu’il conservera après le coup d’État du 18 Brumaire qu’il avait appuyé, en dépit des accusations de malversations dont il avait été l’objet sous le Directoire.

Ministre des affaires étrangères de Napoléon Bonaparte, il fut l’inspirateur des articles organiques du concordat de 1801, et dirigea avec succès et habileté la politique extérieure de l’Empire. Rendu en 1802 à l’état séculier, il négocia les traités de Lunéville, d’Amiens, de Presbourg et de Tilsit, et devint un des grands dignitaires du régime. Immensément riche et vivant avec ostentation, il fut fait successivement grand chambellan (1804), prince de Bénévent, un véritable fief impérial mis à sa disposition (1806), puis vice-grand électeur (1807). Mais il se sépara de Napoléon Ier sur des questions de politique étrangère, et perdit son ministère dès 1807. En 1808, à Erfurt, Talleyrand poussa en secret le tsar à se dérober aux accords que lui proposait Napoléon. Ayant également intrigué contre l’empereur avec Fouché, il tomba en disgrâce en 1809. Il resta néanmoins membre du Conseil impérial, se vendit comme conseiller et comme espion à la Russie et à l’Autriche, et attendit son heure.

Chef du gouvernement provisoire de 1814, il contribua à faire voter par le Sénat la déchéance de Napoléon Ier et se ralliant opportunément à la monarchie légitime, favorisa l’accession de Louis XVIII au pouvoir. Réintégré dans ses fonctions de ministre des Affaires étrangères par le roi, il négocia le premier traité de Paris (mai 1814) et connut son heure de gloire lors du congrès de Vienne (1815). D’une France accablée par la défaite, il réussit à faire surgir une France respectable et hautement considérée par ses vainqueurs, prouvant à cette occasion son génie diplomatique. Par ses intrigues et son habileté manœuvrière, il divisa les alliés en concluant une alliance avec l’Autriche et l’Angleterre, et put limiter les exigences de la Prusse et de la Russie. Ses efforts diplomatiques furent pourtant en grande partie ruinés par l’épisode des Cent-Jours qui ramena temporairement Napoléon Ier au pouvoir. Président du Conseil au début de la seconde restauration (juillet 1815), il fut contraint de démissionner peu après, face à l’hostilité des ultras de la « Chambre introuvable ». Redevenu simple membre de la Chambre des pairs, le prince de Talleyrand comme il se faisait modestement appeler, ne joua plus qu’un rôle effacé, défendant la liberté de la presse et se rangeant dans le camp de l’opposition libérale au régime de la Restauration. Il se prononça en faveur de la branche d’Orléans lors de la révolution de juillet 1830 et fut nommé ambassadeur à Londres par Louis-Philippe. De 1830 à 1834, il y déploya une habileté extrême, participant à la Conférence consacrée à la Belgique (1830-1831) et à celle sur les affaires ibériques. Il contribua ainsi au rapprochement franco-britannique et à la future indépendance du royaume de Belgique (1839). Affaibli par son grand âge, il souhaitait finir dans l’estime générale et celle de l’Église. Avec autant de dignité que de rouerie, il réussit à se réconcilier, sans s’humilier, avec cette dernière.

Recevant les derniers sacrements sur son lit de mort, l’ancien ecclésiastique devenu un libertin sans pareil rappela au prêtre que l’extrême-onction se fait sur le dos et non sur la paume quand il s’agit d’un évêque … Parmi les enfants naturels de ses nombreuses amours, il faut citer Charles de Flahaut (qui eut lui-même pour fils naturel de la reine Hortense le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III) et le peintre Eugène Delacroix. Très intelligent et cultivé, mais âpre au gain et peu encombré de scrupules moraux, il gardait en diplomatie la figure impassible d’un grand seigneur pétri de raffinement héréditaire et l’empreinte de son éducation ecclésiastique. Toute sa vie, Talleyrand a su s’adapter aux circonstances pour mieux les tourner à son avantage. En politique intérieure, il a en effet toujours incarné la légitimité, militant pour la réconciliation de la Révolution avec la France d’Ancien Régime, ce en quoi il fut le parfait opposé de Fouché, malgré de brefs rapprochements qui n’allèrent jamais sans arrière-pensées. Partisan pragmatique d’un équilibre européen, il refusa d’appuyer la subversion européenne d’un Bonaparte qu’il considérait comme dangereusement mégalomane, trop conscient des menaces que ce dernier faisait peser sur la France.

Personnage fascinant, ayant suscité une avalanche de biographies, de pièces de théâtre et mêmes de films, Talleyrand a écrit des mémoires, qui furent publiées en 1891-1892 et qui sont un véritable modèle du genre. Dans la lignée d’un Richelieu, il reste un des hommes d’État les plus complexes et les plus énigmatiques de l’ de France.

Gagner argent !