Y a un bouchon sur la voie !
Jeudi 11 décembre 2008« La Gare de Saint-Lazare ne pouvant pas nous accueillir dû à un afflux trop important de trains… », et un petit trajet de 13 minutes s’étire interminablement, ponctué d’annonces diverses, nous signalant par exemple que le train est arrêté à quai en gare de Bois-Colombes… Perspicace l’informateur, mais en fait, on l’avait aussi remarqué depuis une bonne dizaine de minutes, ce qui pour un arrêt de train de banlieue est assez confortable. On se regarde, on sourit, on rit, l’ambiance devient assez conviviale dans le wagon
Et pour une fois que la SNCF essaie de communiquer, nous n’allons pas nous plaindre. Mais tout de même, « un afflux trop important de trains » dans une gare, l’esprit peine à dessiner l’image et à en comprendre la raison. Comment des trains ont pu affluer dans une gare terminus au point d’en bloquer l’accès ? Une route, une autoroute bloquées par « un afflux trop important » de voitures, ça oui, on comprend, c’est même la règle autour de Paris ! Mais un train, ça roule sur des rails et ça ne décide pas tout seul de changer de direction… Tiens, il paraît que c’est sympa ce soir à Saint-Lazare, si j’allais y faire un tour ! Oh, moi aussi, j’irais bien à Saint-Lazare ! Et moi aussi ! Et moi ! Et voilà le résultat, un afflux trop important, et la gare est bloquée… Pauvre SNCF.
L’explication arrive par d’autres annonces diffusées sur le quai de nos différents et longs arrêts : des incidents techniques bloquent des trains dans des gares proches, empêchant ceux déjà arrivés en gare de Saint-Lazare de repartir et de dégager les voies pour que d’autres encore puissent à leur tour y entrer, et la noria des voyageurs se bloque !
Gare saintlazare
Il serait trop facile de critiquer la SNCF ou la RATP. La masse de passagers à transporter, la saturation du réseau, la faiblesse des ressources, les mettent dans un équilibre précaire, instable, et périlleux, une véritable gestion en flux tendu dans laquelle le moindre incident vient gripper l’incroyable mécanique.
Pourtant une question se pose : les transports publics sont-ils vraiment une priorité, un véritable service public ? En ces temps de discussion sur le projet de traité constitutionnel où l’on discute jusqu’à l’infini sur ce sujet, qu’en est-il déjà aujourd’hui ? Quel effort est-on prêt à consentir pour faire vivre, au moins normalement, ceux qui existent encore ? Et quand on veut interdire l’entrée des voitures dans Paris, pour désengorger la ville et réduire la pollution, quelle solution alternative et à quel prix est-on prêt à proposer… et à payer ?